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Blog littéraire.


La révélation du mal.

Publié par olrach sur 10 Août 2015, 10:09am

« Les juifs en Palestine ! » Quand bien même la guerre toucherait à sa fin, avec l’avancée des troupes soviétiques décimant peu à peu l’armée nazie, l’antisémitisme continue de faire rage autour de ces partisans échappés d’un ghetto et regroupés dans un même combat de résistance et d’entraide. Le récit d’Aharon Appelfeld nous plonge au cœur de l’Ukraine. Ayant réussi à s’échapper d’un ghetto juif, des hommes et des femmes de tous âges rassemblent leurs forces pour venir en aide aux plus faibles et tenter tant bien que mal de survivre. Ayant eu « la révélation du Mal » comme le formule terriblement leur commandant  Kamil, ces partisans traversent le pays de l’eau pour se hisser sur des cimes d’où ils s’organiseront pour mener des actions de sabotage de trains en partance pour les camps de la mort.

Le narrateur, un jeune homme prénommé Edmund, nous relate le quotidien de ce groupe de rescapés, des pillages destinés à se ravitailler aux soins apportés aux plus souffrants, à l’image de ce tout jeune enfant de deux ans et demie, Milio, frappé de mutisme ou de Reb Hanokh atteint de cécité et tricotant pulls et autres bonnets pour aider ses frères à affronter les épreuves du froid. Personnages emblématiques dont l’infirmité exprime bien la terreur qui frappe ceux qui eurent à affronter l’indicible horreur de la barbarie nazie. Mais l’admirable récit d’Appelfeld frappe surtout par l’humanité de ce groupe de partisans, microcosme d’une communauté juive traversée par des conflits idéologiques opposant les sionistes aux communistes, les partisans du yiddish, langue de l’Histoire à ceux d’un retour à l’hébreu, langue de la tradition pour les uns, de la préhistoire pour les autres. Face à ces oppositions émerge la figure tutélaire du commandant Kamil se définissant lui-même comme un « anarchiste juif » dont la parole prophétique et lumineuse paraîtra souvent absconse au narrateur mais qui représente l’impérieuse nécessité de l’acceptation de son semblable dans toute sa différence et son inaliénable altérité : « Tant que je commanderai, la parole de l’âme sera libre. » Quelle voix spirituelle permet-elle aujourd’hui de transcender les différences, semble s’interroger inquiet Appelfeld, face au chaos qui frémit devant nous ?

 

            Aharon Appelfeld, Les partisans, Editions de l’Olivier. 

La révélation du mal.

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