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Blog littéraire.


Si je t'oublie, Jérusalem.

Publié le 15 Octobre 2012, 20:50pm

Sur les bords des fleuves de Babylone,
Nous étions assis et nous pleurions,
En nous souvenant de Sion.
Aux saules de la contrée
Nous avions suspendu nos harpes.

Le Mississipi se soulève et offre à un forçat l'opportunité de fuir. A l'évasion, en compagnie d'une femme toute prête de donner la vie, il préfère la reddition. Un couple non marié est en fuite et échoue près de la Nouvelle Orléans, dans une maison de location où la femme, Charlotte Rittenmeyer, succombera à l'avortement tenté par son ami. La captivité est la clé de voûte de ce roman prodigieux de Faulkner : captivité volontaire du forçat, subie par un couple fuyant l'étau du puritanisme américain mais captivité surtout de la chair, en quête désespérée d'une lueur qu'on aimerait encore appeler amour.
Ce n'est peut-être pas du tout avec notre coeur que nous souffrons ni même avec notre sensibilité, mais avec notre capacité de douleur ou de vanité ou d'aveuglement délibéré, ou peut-être même par simple masochisme.
On dit que l'amour entre deux êtres meurt. Ce n'est pas vrai, il ne meurt pas. Tout simplement il vous quitte, il s'en va, si on n'est pas assez bon, si on n'est pas assez digne de lui. Il ne meurt pas; ce sont les gens qui meurent.
Si Vénus revenait, ce serait sous les traits d'un pouilleux dans les pissotières du métro la main pleine de cartes postales obscènes...
On peut vivre d'illusions pendant longtemps et être assez heureux. Il n'y a peut-être pas d'autre moyen d'être heureux.
L'étreinte physique, seul moyen qu'a la chair d'espérer capter le peu qu'elle pourra jamais connaître de l'amour.
Entre le chagrin et le néant, je choisis le chagrin.

William Faulkner, Si je t'oublie, Jérusalem.

Si je t'oublie, Jérusalem.

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